mars9th,2021

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Mais pourquoi vouloir changer le monde ?

Je n’ai jamais aimé l’expression Changer le monde, et encore moins celle-ci : Le monde d’après (d’après quoi ?) qui fleurit partout en ce moment. Pour maintes raisons dont voici les trois principales.

La première raison est directement liée à la méthode de penser que nous avons adoptée,  issue de la Sémantique Générale : en tant qu’expression générale et abstraite, changer le monde n’a aucun sens précis. En effet, changer le monde c’est changer quoi, qui, quand, comment, pourquoi…? Autant de questions passionnantes auxquelles la plupart des gens qui disent cela ne répondent pas.

La deuxième raison est la suite logique de la précédente : c’est une expression qui désigne un vague souhait abstrait : on aimerait changer mais sans savoir quoi mettre à la place. C’est une expression d’utopistes. J’aime beaucoup les utopistes car seuls les rêveurs inventent des choses vraiment nouvelles. Rêver n‘est pas loin de créer. Rêver peut créer les cartes du changement. Mais quand il s’agit de décider des itinéraires de changement, il faut laisser un moment le rêve de côté, et commencer à dresser les cartes détaillées de la route à suivre, avec les étapes, les chemins de rechange en cas d’obstacle, et penser à son sac à dos…etc. Là on ne parle plus de changer tout court, mais de changer quelqu’un dans telle ou telle situation. Changer est, et doit rester un verbe transitif : on change quelque chose, quelqu’un…

Ma troisième raison est issue plus du bon sens (que nous sommes tous censés posséder) que de mes maîtres à penser : peut-on changer quoi que ce soit en ce monde tant que ceux qui sont censés créer le nouveau monde, sont ceux-là mêmes qui détruisent celui dans lequel nous vivons ? On dit souvent qu’avec des ânes on ne fera jamais des chevaux de courses, et bien c’est la même chose ici. Changer le monde ou au moins des parties de ce monde, suppose des gens à la manœuvre qui fonctionnent autrement. Car changer le monde dans la bouche de nos rêveurs utopistes, les yeux pleins d’étoile comme disait mon maître Watzlawick, c’est ce que l’école de Palo Alto appelle le changement 1. De nos jours nous appelons tout changement par exemple : changer de Président, changer le carburant de nos autos, ou de conjoint, ou les dates des vacances scolaires…etc Mais là, nous ne changeons rien, seulement des éléments périphériques, sans toucher aux noyaux, qui engendrent tout le reste. On ne change que les symptômes, pas la maladie, c’est du changement 1.
Et le monde d’après sera exactement comme le monde d’avant, en pire.

Le changement 2, ce n’est pas changer des parties secondaires de ce monde. Il faut aller à la racine des raisonnements comme on va à la racine d’une plante pour l’arracher. Les gens votent et pensent que les choses vont changer (vous notez : les choses… mais quelles choses ?) mais rien ne change sauf les personnes qui s’amusent et s’enrichissent à nos dépens.

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phoenix468
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