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Les caractéristiques du
Management Non-Dualiste

Le management de la relation
Plusieurs personnes m’ont dit lorsque j’ai commencé à parler de Management Non-Dualiste (quand mon livre : « Le management de la Relation » est sorti en 1998) : " Pourquoi parler de non-dualisme, cela n’est pas clair pour les lecteurs, pourquoi ne pas dire seulement : Management Relationnel "

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Pour plusieurs raisons. Tout d’abord c’est ce que j’ai fait dans ce livre de 1998, ensuite parce que ce terme existe déjà et que des livres ont été déjà écrits avec ce titre, mais la vraie raison est autre.
La vraie raison est que le cours appelé MND pour Management Non-Dualiste n’est nullement un cours de management comme on l’entend habituellement, mais un cours montrant que savoir manager, c’est d’abord savoir manager son propre cerveau de façon à ce qu’il nous commande des comportements adaptés à tout instant à la situation présente ici et maintenant, donc aux relations avec nos managés.
Pour aller plus loin posons-nous la question : comment jugeons-nous quelqu’un ? Et 2ème question : c’est quoi juger ?

Le terme de juger a souvent une connotation normative, on juge le collaborateur sur une échelle allant d’Excellent à Détestable. Et on fait ainsi pour toutes choses, que ce soit pour juger du goût d’une tablette de chocolat, de la beauté d’un coucher de soleil ou de la gentillesse de notre copine… Certes il existe des jugements non normatifs mais seulement pour les objets et quand les deux jugements opposés sont aussi valables l’un et l’autre. Dans ce cas on peut parler de constat et non plus d’avis. Ici la question devient : est-il nécessaire de juger, toujours juger soi-même et les autres ? Ou en d’autres termes : à quoi ça nous avance de dire qu’Untel est mauvais vendeur, si on n’a pas les moyens d’en faire un bon ?

Un deuxième défaut de ce type de jugement est qu’il est sans nuances, Untel est bon ou mauvais, riche ou pauvre, intelligent ou bête…etc Si vous vous appliquez quelque peu vous saurez trouver des centaines de dualismes que vous utilisez tous les jours, qui sont encrés quelque part dans votre cerveau et qui suscitent tous les jours de nouveaux jugements tout aussi erronés par filiation sémantique.

Supprimer les nuances c’est supprimer la richesse de nos pensées et de nos relations avec les autres. Dans notre test de l’adjectivogramme, si l’on prend au hasard n’importe quel adjectif par exemple : aimable. Sommes-nous aimables ? Oui, tout le monde l’est et toujours, avec tout le monde, mais : plus ou moins. Je suis aimable avec mon ami Marcel s’il vient chez moi mais pas avec ma belle-mère (paix à son âme !) si elle fait la même chose… et ainsi de suite pour les 170 adjectifs choisis dans ce test.

On peut demander : mais à quoi bon toutes ces nuances ? La plupart du temps il fait beau ou il pleut ? Mon ami Roger est aimable avec ma femme ou pas… etc.
Oui mais non. Avec nos jugements il faut oublier le précepte d’Aristote du tiers exclu. On dit toujours : on ne peut pas être et avoir été, et Coluche je crois a bien répondu : « Mais si, on peut avoir été con et l’être encore ». Il faut aussi oublier le principe du tiers exclu car on peut être ignares ou savant selon de quoi il s’agit, ou encore intelligents ou stupides selon qu’il s’agit de comprendre les maths ou les relations humaines. Certains langues africaines ou asiatiques d’ailleurs, ne fonctionnent pas avec les principes aristotéliciens ou cartésiens, et peuvent admettre qu’une chose soit et ne soit quelque chose et son contraire en même temps.
Bon, laissons ça et revenons au MND. Tout manager, et au-delà toute personne ayant besoin qu’un autre fasse quelque chose, va avoir des comportements qui seront plus ou moins adaptés. Le mot : adaptation contient bien l’idée de nuance.
Prenons un exemple simple et concret sur le premier principe précis du bon Manager Non-Dualistes : Ne Pas Généraliser. Par exemple sur l’axe compétents / incompétents, le Manager ND ne dira pas : mes collaborateurs sont compétents. Il commencera par exprimer quels sont ses critères, et comment il peut, selon lui, noter la compétence de chacun et ensuite il décrira chacun de ses collaborateurs. Cela peut été long, certes, mais ça évite les bévues relationnelles. Car il s’apercevra si ces critères de jugement sont précis, que tous ses collaborateurs possèdent tous les critères, mais plus ou moins, et que cela varie d’une tâche à l’autre. Untel sera excellent pour organiser ses journées et nul devant les clients pour les amener à acheter plus…etc

De 1973 jusqu’à 2012, j’ai du, avec mes équipes, organiser des dizaines de milliers d’entretiens de commerciaux et managers, et chaque fois (ou presque) j’ai trouvé ce résultat : un rapport entre la précision des propos quand on demande à un vendeur de décrire ses clients et prospects, et ses résultats de vente. Le vendeur qui me répond : « Je m’entends bien avec mes clients… », sans préciser est presque toujours un de ceux qui vend le moins, alors que presque tous les performants disent : « Je ne peux pas vous parler de mes clients en général mais je peux vous les décrire un à un ».

Ce qui signifie que les premiers ne voient que les ressemblances entre leurs clients, alors que les seconds voient surtout les différences.
Ne pas Généraliser est le principe N°1 du MND et il y en a 9 !

Et le cours consiste comme tous nos cours à faire faire aux apprenants managers des exercices dans leur vie professionnelle, dans l’action quotidienne, pour apprendre à se comporter autrement. Et si nous disons que ce cours est différent des autres c’est qu’il ne fait appel à aucun concept, aucune idée abstraite, seulement aux façons de se comporter et à la souplesse relationnelle.